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Un journal pas intime

Une gorgée qui passe comme un oursin dans la trachée.  Un verre de jus accoté sur le bord du comptoir.  Une main à ses côtés.  Le poids du corps qui pèse.  Qui pèse à côté du jus.  Du verre de jus.
Une lumière qui bénit.
Un rayon qui égratigne.  Une parole comme une écharde.
Bien profonde.  Dans la corne d’une paume.  D’une paume accoté à côté d’un verre de jus.
Pressé.  Pas de pulpes.

Monologue à deux.

A dit : «J’m’ennuie d’toi.»
Y dit rien.
A dit : «J’ai hâte de te voir.»
Y dit rien.

A dit rien.
Y dit rien.

Fight mille, prise mille.

Si seulement tu savais relativiser.
Si seulement j’étais capable de jamais répéter les mêmes erreurs, encore et encore et encore
T’as quand même raison.
Baissons les bras.
Sourions-nous poliement. Bras baissés. En poche.
Je garderai mon espoir loin.
Ma fidélité je la contredirai par aventures et mésaventures.
Mon amour, je le tuerai : étouffé, noyé, brisé, cassé, creuvé, shooté.
Pis c’est tout.
Parce qu’on vaut juste ça.
On vaut des regards de loin, des blanches pis des noires qui consonent.
Mais c’est correct aussi.
J’suis pas surprise, c’est le passé qui se répette.
À la prochaine.
Et voilà tout.
Mes excuses on été faites, je ne peux rouler un chapelet entre mes doigts pour le reste de l’éternité; demandant le mea culpa à m’en donner des ampoules.
C’est tout.
À la prochaine,
Et voilà tout.
Et on se sourira poliement,
correctement,
proprement,
adéquatement,
Comme il le faut.
Comme tu penses que c’est la bonne façon de faire,
Sans dérangé, juste comme il faut,
gentillement,
convenablement,
décemment,
raisonnablement.