GP

Un journal pas intime

Fake, c’est ça.

Fake on est là.
On fait quoi ? On sait pas.  Mais on est là.

Dans l’fond.  Non.  Moi je suis là.  Mais toi, j’sais pas t’es où.

T’es une salope.
Et je t’envie.
Fourrer, j’aimerais.
Moi je sais juste faire l’amour.

En fait, moi je sais juste ; l’amour.
Mais c’est d’même.

Le temps c’est la clé de l’oubli.  Et l’oubli, c’est la clé du bonheur.
Parce que l’oubli, ça fait guérir.  L’oubli c’est un
bandaid.
La faculté de le faire, c’est le
polysporin.
J’ai ma trousse de premier soin.
Au moins.

On dit que d’enlever le diachylon d’une shot, c’est mieux.
On pense moins.  On se fait mal beaucoup, mais tellement vivement, qu’au bout du compte, c’est mieux.
C’est un mal pour un bien, comme y disent.

Pis de toute façon, même si je le portais plus longtemps mon plaster, il n’est pas imperméable.  Fake…  Je me retrouverais quand même noyée.  Dans l’eau des attentes.  Dans l’or bleu du cliché de l’optimisme féminin.

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Deux pieds valent mieux qu’un.

Il faut juste apprendre.
Juste apprendre à marcher en solo.
Juste apprendre à avoir un pas, en singulier.  Pas de 1e personne du pluriel.  Juste du singulier.  Juste de l’unitaire, t’sé.
Juste apprendre à entendre 2 pieds.  Pas quatre.  Ni plus.  Juste deux.  Une paire.
Juste apprendre à marcher sans le meilleur ami de l’homme.  Pas de laisse.
Juste apprendre à assumer à jouer au solitaire.  Un joueur.  Un.  Seul.  Joueur.
Juste apprendre à être confortable dans le silence de tes enjambés.
Deux pieds.  Juste deux.  C’est pas assez.  Mais c’est ce qu’on a.
Juste apprendre à assumer de pas être une pieuvre, et d’en avoir pas 8, mais deux.  Deux tentacules.  C’est tout.  Pas huit.  Non.  T’es pas une pieuvre.
Juste apprendre.  C’est déjà beaucoup.
L’ouï fige à entendre un singleton.

Faut apprendre, mais
Faut aussi s’y faire.