GP

Un journal pas intime

Elle. Pas moi.

Fuir le bonheur de peur qu’il n’se sauve
Sauve qui peut
Peux-tu croire
Croire dur comme fer que c’est tout simplement ça
Sapé des moments d’intimité erronée
Nez qui a du flair sait-il se retirer
Rébus droit au coeur antipathique
Tic nerveux et involontaire
Terrifée ne sachant quoi faire
Fer à cheval en poche se livrant à la chance
Anse de possibilités auxquelles se référer
Réprimander le temps
Tempête d’idées refoulées
Léviter ou s’échouer
Éviter le pire ou adopter le karma
Mastiquer sans régurgiter le concret
Craie qui note les plus
Pluriel d’un passé redondant
Dense et opaque
Pacte de sang interféré par la paire
Père  Notre Père
«Notre Père qui est aux cieux, que ton Nom soit sanctifié»
Fiée à des ancres roussies
Sinueux comme parcours
Courage et bravoure c’est ce qu’il demeure
Meurs quand le temps sera venu
Nuées enfuies  se sera incolore
L’aurore d’une fin continuelle
Elle sera mieux que moi
Moi.
Non.
Elle.
Mais…
Moi?

Publicités

«Somewhere over the rainbow», mais où?

Il faut nourrir son culte.
Soigner ses convictions.
Cultiver sa fidélité.
Il faut labourer, encore et toujours, et encore, sa foi.
Toujours et tout le temps.

On peut s’essouffler à croire.
On peut s’époumoner à accorder de la crédibilité.
On peut suffoquer à faire confiance.

Comprends-le.  S’il te plait.  Lis-moi et entends.
Lis-moi et étouffe-toi.
Lis-moi et sens-toi étranglé.
Marche dans mes souliers.
Mets-les.  Lace-les.
Et ne sois plus capable de respirer.

Tu étouffes.
Tu prends l’air.  Tu l’écrases et le comprimes pour n’en laisser qu’une parcelle agace.  Tu bouffes l’O2 sans même prendre conscience des autres.  T’as un nombril gros comme un pamplemousse.  Un melon.  Une planète.
Lâche ton nombril.
Arrête de croire que le monde s’arrête hors de ton champ de vision.
Tu n’es qu’une pie provocatrice, qui se croit maître de ce qui n’est même pas.
Mais ça, toi, tu ne le sait pas.
Parce qu’avoir du bon sens, c’est pour les autres.  Pas pour toi.
Parce que toi, t’as la raison.  T’as le vrai infus.
Le faux vrai.
Le faux que tu crois vrai.
Décrcohe.
Lâche prise.
Sors ta tête de la glaise.
Ouvre tes yeux.
Décolle tes paupières de ta vision malmenée.
Et peut-être que tu verras tous ces bras hors d’haleine tendus vers toi.
Ces bras fatigués de ton égoïsme coquet.
Deviens une donatrice au lieu d’une receveuse. Tu vas voir comment tes oeillères peuvent prendre tout un autre sens.
Un sens opposé.
Je l’espère.