GP

Un journal pas intime

L’aorte anesthésiée.  L’émotion ne se rend plus au cœur.
Au cœur du bon, au cœur du problème.
Seringue de déboires se déverse dans le cortex.  Lobes gelés.
Les stéroïdes sont administrés aux mécanismes de défense.
On leur donne du RedBull.
Le mode survie est sur stimulé.
Le sentimentalisme se fait petit.
Que l’on m’assène une fibre saine et sensible!
Valets, servants, et hormones sont en break.
Destin et hasard se consultent avant de me faire le doigt d’honneur.
Seule et asservie des Dieux, il y a Hadès et Éros complotent à savoir qui des deux aura ma peau.

On dit des choses faciles ou intouchées depuis un moment, que c’est comme faire du vélo, que ça ne se perd pas. J’ai déjà eu un accident de vélo.  Je me suis cassé le bras au niveau du coude et j’y ai déplacé le cartilage.  J’ai eu le bras, de la main jusqu’à l’épaule, dans le plâtre.  Aujourd’hui, quand j’embarque sur un vélo, j’ai la frousse de tomber.  Je pédale tout de même de plus en plus vite, détrônant mes traumatismes, défiant mes capacités, pour aller un peu plus vite, pour sentir mon cœur prendre de l’expansion.  Je me rends jusqu’à avoir le souffle court.  J’halète comme un chien. Je sue comme une truie.  Juste pour aller plus vite, juste un peu plus vite.  J’ai les bras raides et les mollets bouillants.  J’ai peur.  Chaque fois.  Aux lumières; dans les ruelles.  Mais il faut que j’aille plus vite.  Il faut que je les dépasse, tous. Il m’arrive de trembloter, d’imaginer scène par scène des débarques que j’aurais.  J’ai le vertige. Des semi nausées. Plus vite.  Si je ralentis, je laisse la crainte gagner et je suis une très mauvaise perdante.  Si j’enlevais mes mains du guidon?