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Un journal pas intime

Tag: peau

Transition bien méritée.

Un monsieur avec un chapeau de chauffeur de train lave le plexiglas de la vitrine d’un restaurant.  Des haut-parleurs qui grinche émiettent sur le trottoir des fragments de «Viva La Vida».  La rue est italienne.
Les érables, prétentieux saisonniers, songent à se rhabiller.
Les patios sortent de leur hibernation et se pavanent sur les allées passantes.
Les botches se dégourdissent, s’éparpillent et se font transporter le long des fossés.
Un couple de mains se retrouve.  Peau à peau, et non, laine à laine.
Le calcium reste féroce et tâche toujours les chaussures, heureuses d’avoir pu remplacer les bottes.
Les bourgeons couinent.
On passe à la sangria.
L’équinoxe fait tiquer notre cadran d’avance.
Le soleil, lui, est découragé d’avoir à désormais, doubler ses quarts de travail.

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Tes mains.

(Text dedicated to my sweet little mom; and hers.)

Qu’est-ce qui se cache dans une ride?
Qu’est-ce qui peut bien vivre dans un sillon de peau abattue?
Moi, c’est pas les plis du visage qui m’atteignent le plus.
Se sont les froncements des mains.  Des tiennes.
De vieux ongles, sur de vieilles jointures, sur de vieux doigts, sur de vieilles paumes.

Cet index, aiguille précise qui a chicané, qui a décrotté, qui a indiquer.
Ce majeur, la boussole du centre qui a fait chier, qui a fait bégayer,  qui fait planer.
Cet annulaire, celui sous-estimé qui a subit le «oui je le veux», qui a porté le poids de la coquetterie, qui a été rongé.
Cet auriculaire, le bébé qui a été jugé et apprécié, qui a pianoté.
Et ce pouce.
Ce maître qui trône.  Fort et fier.
Délaissé à la moufle et subordonné à la joue.

À part le coeur, c’est les doigts qui on le plus de vécu.
Se sont ces extrémités mécaniques qui ont reniflé le braille et goûté ce que le yeux ne savent voir.

J’aimerais conserver tes mains.  Les prendre les cuisiner et comprendre peut-être une portion de ce qu’elles ont nicher.  Si je pouvais je les empaillerais comme une médaille, comme un trophée.

Au creux de ces abysses, de ces vallons qui rendent l’expérience de te les tenir si singulière, vivent et dorment les stigmates de ta signature sur notre astre.

Tes mains son le trésor auquel je n’aurai jamais la map, mais je chercherai quand même et avec persistance à apercevoir ce «X» signe du butin, planqué dans les tranchées de cette peau aînée.