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Un journal pas intime

Tag: soleil

Transition bien méritée.

Un monsieur avec un chapeau de chauffeur de train lave le plexiglas de la vitrine d’un restaurant.  Des haut-parleurs qui grinche émiettent sur le trottoir des fragments de «Viva La Vida».  La rue est italienne.
Les érables, prétentieux saisonniers, songent à se rhabiller.
Les patios sortent de leur hibernation et se pavanent sur les allées passantes.
Les botches se dégourdissent, s’éparpillent et se font transporter le long des fossés.
Un couple de mains se retrouve.  Peau à peau, et non, laine à laine.
Le calcium reste féroce et tâche toujours les chaussures, heureuses d’avoir pu remplacer les bottes.
Les bourgeons couinent.
On passe à la sangria.
L’équinoxe fait tiquer notre cadran d’avance.
Le soleil, lui, est découragé d’avoir à désormais, doubler ses quarts de travail.

«I’m a lonesome cowboy» – L.Luc

J’entends mes semelles sur la terre battue.  Le sifflement du vent.  Pause.  Pas devant.  Un autre.  Mes bottes claques.  Elle sont en cuir.  De la vache.  De la peau de vache.  Elles sont brunes, mes bottes et elles baffent le sol.  J’ai un manteau de suède et je marche en fin de journée.  Le village se calme.  L’air s’adonne.  L’herbe s’étire et s’étend pour capter les derniers rayons.  Il fait chaud, mais pas pour longtemps.  Dans le désert, la chaleur quitte rapidement.
Une calèche passe, le cocher amène sa main à la reliure de son couvre-chef.  Il m’accorde un bonjour en touchant son chapeau, en hochant sèchement de la tête, puis ramène sa main à ses rênes en gueulant un cri auquel seuls les chevaux savent y répondre d’un galop amorti par le Far West.
Mon regard perce l’horizon.  Je marche.  Sûre, calme et convaincue.
Je marche vers l’Est pour avoir le coucher de soleil dans le dos.
Le soir, les cowboys vont toujours vers l’Est.  Parce qu’un vrai cowboy, ne regarde jamais le soleil se coucher pour lui.  Un vrai cowboy l’attend.