Pourrie d’amour

par GP

J’ai été abusivement choyée.  J’ai été dorlotée. Comblé.  Chouchouté. Gâté.
J’ai les meilleurs parents du monde.
Je n’userai ni d’humilité, ni de modestie.
Je le gueulerais.  Je le vomirais.  Je le dessinerais.  Je l’aboierais.
J’ai les meilleurs parents du monde.
C’est un fait.
Et c’est tout.

Je me suis fait chanter «Les roses de Picardie».
Je me suis fait bercer dans le dévouement.
Je suis suis fais emmitoufler dans l’affection.

J’ai fait tellement de conneries.  J’ai fait des idioties irréversibles.  De creuses erreurs.
Et jamais, ils m’ont tourné le dos.  Ils m’ont affrontée, ils m’ont chérie, ils m’ont cultivée.
Ils ne m’ont jamais abandonnée.
Jamais.

Ma mère me glissait au creux du coeur, dans de petits moments plus sombres:
« You are my sunshine, my only sunshine
You make me happy when skies are gray
You’ll never know dear, how much I love you
Please don’t take my sunshine away»

Le soleil est une image trop utilisée.  Aliénée.
Mais pensons-y : le soleil.  C’est quand même ce qui constitue la source principale de lumière à la Terre.  C’est quand même une fucking grosse étoile assez importante à notre constitution.

Et je suis le sien.

Combien d’astres de la sorte composent votre existence?
Pour ma part, c’est un chiffre en décroissance.
C’est infirme.  Minime.  Dérisoire.

J’ai les meilleurs parents du monde.
Mon père est plus fort que le tien.
Ma mère aussi.

C’est un fait.
Et c’est tout.