Échange commémoratif d’avant, d’avant-hier et d’hier

par GP

Monsieur «x» écrit :

C’est fou comment vieillir, c’est plate temps en temps.
Tu regardera ce que j’ai mis en pièce jointe.
Pour me faire verser une larme et me faire rire aux éclats en une page et demie, faut avoir une bonne plume.

(en pièce jointe, des textes d’elle, à une autre époque.)

Madame «y» répond :

La nostalgie est à mon point de vue un des plus beaux états d’âme.
On dit que c’est de la tristesse, la nostalgie.
De la tristesse d’un souvenir présent du passé.
Un conditionnel ou un subjonctif.
Un antérieur ou un plus-que-parfait.
Se sont toutefois et à tous coups, des conjugaisons antécédentes.
Des mémoires qui s’accordent au bon vieux temps.
Une fraction qui vient.  Et passe.  Et se loge, entre le diaphragme et l’aorte.
À quelque part proche des tripes, ils y sont.
Petits, grands, gros.
Tous uniques.  Comme des flocons.
Si le futur justifie l’appréciation des réminescences,
J’espère vivre vieille pour pouvoir ruminer.
Ruminer et m’en rappeler.
Encore.

Encore.
De toi.
De moi.
De nous.
D’une ère révolue qui m’a marqué au fer.
Comme le cul d’un cheval qu’on selle.
Comme le sceau qui cachette l’enveloppe que l’on laisse partir comme une colombe perdue.
Se fû un plaisir.
Un immense.
Qui comme une cicatrice,
Restera là, à jamais.
À toujours.

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