Je m’excuse et t’embrasse.

par GP

On aimait les défis, mais encore plus, les défier.

Il pleuvait sur Mitte cette journée-là.
(À prononcer comme
mitteune
Mitte, est un terme du deuscthland pour signifier le centre.)
Berlin; mai 2009.
L’architechture est froide et les terrasses flânent à perte de vue.
Il pleut.  Je peux sentir l’asphalte allemande.
Ce jour-là, c’était férié.
Les vélos dormaient, les boutiques ronflaient, les trams marchaient sur le bout des pieds.
On se sentait seules.  On avait Berlin pour nous, pour nous seules.
Là-bas, les gens sont droits.
Aujourd’hui, j’ai oublié le son de ta voix.
Pour toi, il est 15h30.  Je te souhaite un bon après-midi.
Munich; mai 2009.
Nous venons de faire 14h d’autobus.
Nous attendons le prochain.  Il nous reste 12h de route à faire.
(La chaussée est la locomotion des pauvres.)
Nous sommes au stade de Munich.
Les gens beuglent pour leur équipe.
Sous mes écouteurs, j’entend la masse qui braille pour un but.
Demain, nous serons en Croatie.
Croatie; mai 2009.
L’air est salin.  Le sable est rocailleux.
Les croates sont rudes, mais leur bière est bonne.
L’Adriatique se rend turquoise pour nous.
J’ai le nez rouge et les cuisses basanées.
On fait le tour des îles, un pique-nique, une ballade.
On rencontre des québécois, on sacre et on rit.
Demain, je serai à Paris.
Paris; juin 2009.
Aujourd’hui, j’ai pissé sous la tour Eiffel.
Nous buvons du vin à 2,50 euros.
Le gazon est bien plus vert à Paris qu’à Montréal.
Le confit de canard, les champs Elysée, l’accent statique.
Demain, je reviendrai.

Montréal; mars 2010.
J’ai relu mes écrits, les extatiques et les abattus.
Je t’ai asphyxié.
Je nous ai rendus aigris et déplus.
J’ai été malsaine et agressive.
Je t’avais écris : «C’était dur mais beau».

Je nous vois plus clair.
Je nous vois amoureux à l’imparfait et dysfonctionnels à la conjugaison.
Je réalise que les étoiles ne nous guide qu’en exile.
Rapatriés, la boussole ne fait que s’arrêter.

Je n’ai pas de regrets,
Que quelques remords.
Peu, mais existants.

Je m’excuse et t’embrasse.

À un prochain voyage.
À une aventure cette fois-ci loin d’être décousue.