Crooner, crooner.

par GP

À un coin de rue, après un après-midi de pluie, il est là.  Il fume une cigarette forte.  Il est sur une patte, une main dans la poche.  Il porte un chapeau d’inspecteur des années trente.  C’est l’avant-guerre.  L’époque du swing.  L’ère des complets gris et des nouvelles voitures Ford.
J’arrive.  Il me regarde.  Sourit.  Aspire jusqu’à la dernière.  Jette le mégot.  Me tends sa main, juste pour que je lui laisse la mienne.  Il glisse ses lèvres sur mes jointures.  On marche.  Moon River joue.  Sinatra me fait un clin d’oeil.  Il m’amène au ciné-parc, manger du popcorn dans le même seau que lui.  Il faut bien trouver des prétextes pour se frôler les doigts.

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