De Greenwich à grégorien

par GP

Le besoin le développer des outils pour tenter de calculer le temps, pour se situer dans ce concept plutôt abstrait, se manifeste dès les premières civilisations.

Astres.  Bougies.  Sabliers.  Horloges.  Chronomètres.

C’est comme si l’humanité souffrait d’un TOC du temps : le saisir, le mesurer, le gérer.

Cette fixation provient peut-être de notre volonté à s’inscrire dans ce temps.  Se positionner face à lui, s’ancrer à lui, lui faire une cicatrice.  L’obsession découle peut-être aussi  d’un désir à trouver repère, à se créer une bouée.  En mettant au point une constante, il devient possible – et rassurant – de mettre en perspective l’infinité de conceptions subjectives, de perceptions personnelles de ce dit temps.

Quoiqu’il en soit, la relativité et la temporalité semblent fonctionner en paire.

Deux semaines de vacances : c’est trop peu.
Deux semaines de travail : c’est sans fin.

Salle d’attente d’hôpital.  Réponse d’auditions.  Panne de métro le matin d’une entrevue.
Le.        Temps.        Est.        Long.

Fin de semaine de camping.  Rendez-vous galant où ça clique.  Série télé préférée.
Letempspassetropvite.

Mi-temps.  Temps mort.  Ancien temps.  Temps des sucres.  Feuille de temps.  Temps modernes.  Moteur à deux temps.  À temps.  Tuer le temps.

Plus on passe de temps avec le temps, plus on prend conscience de sa fragilité, de sa versatilité, de son indécence, de ses caprices, de son insensibilité…

Plus on se rend compte que le temps a son propre agenda.

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