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Un journal pas intime

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Incognito, mal dans ma peau

Organes chaotiques et réfractaires paressent et me laissent en reste
Je suis touriste dans ma propre anatomie
Inconnue des intersections
Stupéfaite à chaque carrefour sensible
Terminaisons nerveuses à fleurs de peau
Des tulipes,
Ce sont mes préférées.

I love you, but I love me more.

J’suis une fucking princesse.
Pas dans l’sens de précieuse.
Non, ça c’pas moi.
J’possède une paire de bottes à cap,
Pis j’sais partir un feu comme nulle autre.
Les princesses, elles, elles font pas ça.

Mais j’suis une fucking princesse pareil.
Ou j’devrais l’être.
Parce que je suis une reine.
Ou j’devrais l’être.

Pas dans une vraie monarchie.
Pas dans un palais,
M’en fou des rubis.
Ça m’servirait à rien anyways.

J’suis censée être ta reine à toi,
Dans ton palace de 3 ½ à toi.

Tout compte fait,
C’est juste pas ça.

Fait que,
Ciao my friend.
J’ai eu ben du fun.
Merci pour l’intimité. Pour notre semi-proximité,
Et ces infirmes instants de pur bonheur.
J’ai vraiment apprécié.

De l’autre côté,
Je t’offre aussi des remerciements un peu plus tempérés,
Ceux pour m’avoir fait un peu plus apprivoiser ma véritable valeur.
Parce que ça fait d’la peine,
Partir le cœur engagé ; les papillons de sternum encore effrénés.
Mais ça va. Éventuellement, j’saurai les trapper.

Thanks de m’avoir rappelé que j’ai pas l’muscle cardiaque atrophié.
T’auras fait une sale entaille dans mon thorax, buddy.

PS Tendresse

Comme un Montblanc sur du papier glacé
Je glisse mon index sur la peau de ta croupe

Goulue telle une affamée devant un steak Philly
Je lèche ta sueur, j’en n’ai pas assez de ton odeur

Je serre ta chère chair
Le dessous de mes ongles récolte ton sébum

Ça va être correct.

On est pas ami.
Certainement pas un couple.
Peut-être amants.
Ça dépend de comment tu te sens.

C’est correct.
Y’a des jours où j’vire folle.
D’autres où j’en ai ras-le-bol.
C’est correct.
Parce que manifestement, c’est ça le pacte ;
Que j’sois de temps en temps, ton artéfact.

Mais en gros,
Ce qui me manque,
De notre faux duo,
C’est les niaiseries que j’garde en banque :

  • J’ai pogné un flat. Ça m’a presque fait pleurer
  • Pendant que je l’allumais, mon BBQ a explosé.
    Les poils de mon avant-bras droit sont cramés
  • Sur l’autoroute, j’ai aperçu mes premières bernaches de l’automne
  • Mon cousin s’est marié
  • J’ai vomi une poutine i-n-t-a-c-t-e
  • Vu le plus beau chien du monde entier – en plus, je l’ai flatté

C’est fatigant, les soirs de pleine lune
Où j’refoule l’envie de te le partager.

Pas fin néanmoins

J’t’écris un poème parce que j’suis pu fâchée
J’en suis pas complètement revenue, mais me suis calmée.

Dommage que j’sois pu aux études
On se serait marié pour les prêts et bourses
Moi ton lapin ; toi mon ours.
Construire une maison, bâtir notre quiétude

Avec l’espérance que j’te bouderais moins.

La nomade de St-Denis

J’t’au Quai des Brumes
Cest le pré-show
On tinque des pintes
Ma chum me jase de son kick

Ça m’fait juste penser à toé
J’ai envie de t’faire l’amour
Mais j’peux pas t’le dire
T’es ce genre-là

Fait que je m’en commande une autre
Pis j’fais preuve de restreinte en ciboire
De pas t’écrire
De pas t’appeler
De pas m’pointer

Parce qu’à Montréal
J’suis toujours, de chez vous, à trois quatre pédales

S’il te plait

Tu me tiens en laisse
Comme un caniche qu’on déteste

S’il te plait
Laisse-moi aller
Détache mon collier

Bien que je sois docile
Que j’écoute les consignes
Et réponds aux bonbons
T’aimer, c’est difficile

Délace ma muselière
Je ne veux plus t’être familière

Zoothérapie hebdomadaire

Je sens le fumier et l’urine.
Un exaltant bouquet d’odeurs consolatrices.

Avant de monter mon étalon, je l’ai pansé.
Sensations apaisantes et réparatrices.
(Probablement plus pour moi que pour lui.)
La brosse dure naviguait entre ses crins.
Et tout en curant ses sabots, je lui susurrais des mots d’amour.

Il s’est alors raclé le chanfrein sur ma poitrine.
Enchevêtra son pelage dans le coton de mon blouson.

Messenger abima ma lune de miel

Je soupçonne avoir de la verve.
Une expressivité féconde et – presque – toujours de bonne foi.
Une loquacité manifeste qui en paralyse certains,
Qui en envoute d’autres.

Les mots ne me sont pas des béquilles.
Ce sont mes outils.
Des armes,
Des possibilités.

 

Si tu y tiens :
Sois volubile.
Fracasse-moi par ton lexème.
Dresse-moi. Insulte-moi.
Sinon, prends sur toi et ne réponds pas.

Dans le cas où tu ne parviendrais à te taire, fais l’effort.
L’effort d’une réponse qui en vaut la peine.
Toute ma peine.

Ne me contente pas du simple. Facile.
Offensant :
L’injure d’un gros pouce bleu.

N’obéis pas le Bescherelle,
Et je ne te ferai plus la belle.

Km/H

Je récite du Richard Desjardins sous la douche;
Du Verlaine en joggant : un vers par push.

Mes poils virent or sous des UV téméraires.
Mon smoothie passe de travers.

J’ai l’appétit déficient à cause d’un homme.
Une douleur profonde au sternum.

Le dépit amoureux
Est de moins en moins savoureux.

Mélancolie,
Je t’aime tant.
Mais vieille amie,
M’aideras-tu si je me repens?