GP

Un journal pas intime

Prêt, pas prêt : j’y vais!

Bec. Bec.
Colle. Colle.
Stoppe.
Tape.
«C’est toi qui l’as!»
Cours. Cours.

N’arrête plus.
Après la tague, la cachette.
C’est ainsi que j’ai perdu mon barbu,
Au jeu préféré des garçons.

Tous nus tous collés
Canicule fenêtres fermées
L’air clim rush
J’ai d’la sueur entre les boules
Ton chien m’lèche le tibia
C’est moi qui fais l’gars d’la cuillère
Derrière
J’compte tes poils
Tu ronfles
Ton tattoo d’dos me scrute
Une boussole
Alors que moi j’perds le nord
À sentir ton sébum

La cendre s’accumule dans l’ramequin d’ma table de balcon.
Botche par botche, j’incinère mon calvaire.
J’entends les rires des voisins du d’sous.
Mes lèvres sont gercées
Et ma carrière solo pèse.

En beau tabarnack

Fâchée nouére.
Sais pas pourquoi.
Menstru-fru-fru?
Même pas.

J’fronce assez les sourcils qu’ça m’creuse le front;
Coince mes lunettes;
M’fait une ombrelle de poils au-dessus d’la ligne d’horizon.

Vingt-sept ans.
En maudit.
Pis en plus, une ride supp.

Sous vide

Des mots qui saignent qui faut bannir.
De la brute poésie à museler.
Chut. Fermez-la. (Pas de s’il vous plait.)
Cousons leurs babines qu’on reste aveugle.
Du bavardage ô loin de l’innocence,
Tout près de la transgression. À quelques barreaux de la prison.

Ils les ont pris, mes pensées.
Ils les ont cachetées dans des pots Masson scellés, bouillis.
Puis, au four. Afin qu’on les aseptise, mes avis.

Swipe right

Love me Tinder,
Love me true
All my dreams fulfilled.
For my darlin I love you,
And I always will.

Nashville’s all stars

Gratte, gratte la guitare.
Voix nasillardes, chapeaux, bottes et étriers.
Un ‘Jesus Lord’ ou deux, pour la forme.
Une couple de couplets de clichés qui apaisent.
Du western qui te pogne au sternum.
Quelques Kleenex enfouis dans brassière pour la ride.
Un bleu blues pour ces poors lonesomes cowboys.

J’ai hâte, moi aussi, de partager mon set d’écouteurs dans le métro.
No parking mardi-jeudi de 12h30-15h30.
Ils ont lavé la rue c’matin, mais il reste d’la garnotte.
J’ai mis des bandes réfléchissante sur mon casque de vélo.
Tu me verras refléter, de ta fenêtre ouverte pour l’été.
Les arbres sont encore tous nus.
Ils s’habilleront quand tu te dévêtiras.

Misanthrope saisonnière

Soleil caprices,
Bourrelets de vices.
Le monde est beau.
On se compare, on se console.
On se compare, on a honte.

Piste cyclable soirs de pluie et de pannes d’électricité.
Lampadaires éteints en vain je roulerai mon train-train,
Lasse et l’air penaud.

Détours des laissés-pour-compte.
Victimes de pauvre estime.

Jusqu’à ce que les bourgeons faillent à nouveau.
Que la sève se coince.
Que des oiseaux, timides deviennent les couines.

Là, dans la pénombre d’un été mortifié,
Glorieuse résurrection!
À défaut de pores hâlés : l’intégrité.

Osti
Qu’chu
INTENSE.