GP

Un journal pas intime

Échappé belle

Un grain de litière
S’accroche à la plante de mon pied
Pour se sauver de l’abysse qui appelle sa fin
Pour se dérober à la craque entre les lattes du prélart flottant

Clorox

Crevasses de haut d’visage
Froncements perpétuels
Dents tachées
Leitmotiv délavé

Y’a pas assez d’bleach dans l’monde
Pour amortir, soulager
Effacer
La boule de crasse qui salit ma patate

Country side

A wicker chair on a solid wooden porch on which paint is pealing off the rails like old nail polish on overdue fingertips. An old car is bathing in the yard, growing moss between the rust of its wings. On the clothesline, sheets are hustling with the breeze.

We’re making mud pies and trying to catch frogs by the pond where we shouldn’t swim in.
Tire swings and bond fires.

The smell of the burning kindling is giving us marshmallow munchies. But, «not before supper» – we know We know… While running around, chasing the dog, a voice shouts out from above the stovetop and beyond the open window.
Time to go wash our hands and set the table.

The sun is setting, leaving orange and pink tree tips behind. Soon, moths will start overflowing the front door lanterns and we’ll be able to count fireflies threw the skylight.

01/12

Couchée au sol
En étoile
La face à terre
Dans l’jus d’pluie d’la chaussée

Jumping jack horizontal
Ailes waterproof dans mon imper pas doublé
Saut de l’ange dans un nid de poule

Jour de loyer du mois du Christ
Il fait plus chaud dehors que dans mon fridge

La porte no1 d’mon calendrier de l’avent s’ouvre dans flotte

Choke

Je t’ai conté une menterie
Parce que j’étais trop chicken
Pour te dire que ça m’tentais pas de t’voir.

J’t’aime. C’pas ça.
Juste qu’aujourd’hui, ça m’tente pas.

Ça m’tente pas
De t’entendre chigner le chignon lissé ;
T’écouter te lamenter l’amant de l’instant ;
T’endurer te plaindre le ventre plein.

Less is more

Apparemment la clé,
C’est la parcimonie.

Comme du sel,
Faut y aller relaxe.

Décalée.

L’odeur de frangipaniers encore imprégnée dans mon nez clash avec la neige qui rehausse la semelle de mon soulier.

Mon body est mêlé.
Mon cœur en oblique.

J’ai le cortex un peu stoned.
L’hémisphère gauche de mon cerveau resté détenu aux douanes.
Une cohérence stagnée entre les Pacifiques et
Un français confus de se retrouver.

Tant à changé,
Pourtant tout est pareil.

Léger tapotage sur mon épaule,
C’est le retour à la réalité.
« Encore cinq minutes, s’te plait… »
Et j’abats ma paume sur le snooze de mon Eastern Standard Time.

Sont où, moi, mes souliers de Dorothée?

J’ai pas de maison. C’est correct, mais ça me manque.

Surtout quand les minarets qui m’entourent scandent haut et fort ; que j’comprends pas ; pis que je sue des tonnes de H2O dans mes pantalons polis.

Sérieux, bravo les mosquées pour votre surround sound. Vous battez certainement les Beats haut la main.

Je suis une petite fille civilisée.

Mais des fois, être polie de même, c’est juste synonyme de s’mettre du déo trop souvent ;

D’être la rejet de la classe qui s’fera jamais choisir au ballon chasseur parce qu’elle est Blanche ;

Pis s’ennuyer de son chat plus que supposé.

J’compute juste pas.

*Son de notification*

Prompte tape sur la barre d’espace.
Netflix pausé.
Sorry Dexter,
J’te reviens momentanément.

J’arrive pas à croire que je post encore des photos en attendant frénétiquement que tu les likes.

Pis qu’ça arrive même pas.

The Butterfly Effect

Si l’effet papillon provenait des papillons trop de fois tatoués dans le bas du dos de pauvres âmes esseulées ; on n’en finirait plus de se faire bitch slapper par la théorie du chaos. Fiouf qu’on n’est pas à la remorque des tramps stamps. Quel destin ce serait!