Oui à la zone de confort.

par GP

J’ai tendance à provoquer.
J’ai une faiblesse, plus forte que moi, à mettre les gens à nu.
Je donne lieu à des malaises sous prétexte que ça me permet de mieux saisir la personne.
Je fracasse l’aire de commodité.  Je disloque le terrain d’aise.

On dit que, au premier échange surtout, l’embarras amène les gens à se dévoiler.  À mettre au premier plan, l’essence de leur individu.

Contrairement aux campagnes publicitaires en politique qui s’affichent présentement, je ne rabaisse pas les gens pour me remonter.  Du moins, je n’interpelle pas mon interlocuteur avec l’espoir de  le déprécier.  Au contraire.  Je les mets à l’épreuve, parfois consciemment et d’autres par réflexe, afin que par la suite, naïvement peut-être, on puisse voir «à qui on a à faire».  Que l’on puisse, avec un brise-glace léger, développer une certaine forme de complicité.  J’initie le tout avec l’espoir que la transparence s’installe, et que la convivialité se rende disponible.
La plupart du temps, je suis perçue inadéquate, insensible, et sur mes gardes.

Depuis deux jours, je suis aux études à nouveau.  Je débute la deuxième année de mon bac.  Je suis à l’école, après près de quatre mois de relâche.
Mardi midi, je suis allée acheter mes fournitures scolaires.  J’étais excentrique.  J’étais enjouée.
Après Bureau en gros, j’étais sur une terrasse avec une copine.  Nous avons, entre une clope et une bière, fait nos coffres à crayons.
Le soir, je me suis couchée à 21h30, après avoir reluqué et préparé mon sac d’école pour le lendemain.

J’étais si bien.
J’ai retrouvé mon petit quotidien routinier.

C’est en posant le fruit cliché de la scolarité, ma Macintosh rouge, au fond de mon sac que j’ai réalisé.
Déclencher des situations de risques, d’obstacles, de dérangement, ce n’est pas tout.  Ce n’est pas l’idéal.

Être dans sa zone de confort, ce n’est pas dangereux.  C’est apaisant.