GP

Un journal pas intime

Conjugaison champêtre

Le toupet huilé
Des lunettes teintées

S’étale le foin en balles
Guimauves rurales

Des champs de canola, regarde
L’horizon jaune moutarde

Brise de purin
Y’a du bon dans l’anodin

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Casino perso

J’ausculte les plates-bandes sans jamais faire mon deuil,
Espérant tous les tours en débusquer un à quatre feuilles.

Puff de Pantene

« Tiens, laisse-moi »
T’as dit.
Tout bonnement.
Pas en m’infantilisant.
Pas que j’étais pas capable.
Tu l’sais que j’suis capable.
J’te laisse que rarement m’ouvrir la porte,
Ou traîner mes groceries à mon Escorte.

J’ai glissé le cut entre mon Lipsyl.
T’as naviguer quelques de pouces vers moi, subtil.

Assez proches pour que je sente ton shampoing,
Tu m’as pelotonné les mains.

En deux coups de pierres frictionnées,
J’étais allumée.

 

Ça aura pris un Bic,
Pis de la bourrasque.

Pop le propane

La peau du saumon grésille sur le grill
Le vin rosé couleure mes bajoues volubiles
Tu ris d’mes doigts d’pied saleté
Sous l’regard du bonhomme qui ramasse les consignées

On trinque à pas de lendemains
Du fun sans frein

On programme le réveil pareil
Au snooze on s’en voudra d’la veille

1998

Du verglas plein la rue
On s’accroche aux bourgeons congelés
On patine de nos Sorel

Penchés prêts du poêle
Les feutres ded’sour
On s’fait sécher la doublure

PM

Le cell qui surchauffe
On garde l’ombre pour le scotch
Pique-nique blanket
Le vent dans les couettes
Jaloux des canards
On pogne pas le cafard
À deux à côté du lac
L’émotion en vrac

Crush (pas l’soda)

J’ris de tes blagues comme une gamine
À mesure que je glousse
Des meilleures tu pousses
Une après l’autre, telle une carabine

Mes yeux de lune me trahissent
À chaque coin des pattes d’oies
Des rides de joie à cause de toi
Victorieux, le drapeau d’mon bonheur tu hisses